Les engrais verts

Publié le : 21/10/2020 - Catégories : Nos conseils techniques

LES ENGRAIS VERTS

   

Les engrais verts sont produits par la culture de plantes dont la biomasse, une fois broyée et enfouie, fertilise et améliore la vie du sol. Mais pas seulement !

Leur culture permet également de protéger les sols, en évitant l’érosion, ou la propagation des « mauvaises herbes ». Ils vont aussi être très utiles aux pollinisateurs.

Suivant les espèces, ils peuvent se semer à différentes époques. Ils ne vont pas tous apporter la même chose.

  

Trifolium repensVicia villosaLotus corniculatusBorago officinalis

Plantes structurantes

Le développement racinaire va permettre le décompactage du sol, entraînant son aération, limitant l’érosion, et facilitant le drainage.

Parmi les engrais verts, certains ont un enracinement plus important, ce qui va permettre un travail plus en profondeur. C’est le cas de la Luzerne (Medicago), mais aussi des Trèfles (Trifolium), du Lupin blanc (Lupinus alba), et surtout du Radis fourrager (Raphanus sativus).

Apport en azote 

Certains engrais verts peuvent venir enrichir votre sol en azote. C’est le cas pour ceux de la famille des Fabacées (Légumineuses). Leurs racines vont sécréter des flavonoïdes qui vont attirer certaines bactéries. Ces dernières vont entrer en symbiose avec les plantes hôtes, et des nodosités vont apparaître sur les racines. Grâce à cela, les plantes vont être capable de fixer l’azote de l’air.

Dans les Fabacées, nous retrouvons : la Gesse fourragère (Lathyrus sativus), le Lotier corniculé (Lotus corniculatus), le Lupin blanc (lupinus alba), les Trèfles (Trifolium), les Vesces (Vicia), etc.

Rotation des cultures

Il est essentiel d’alterner les cultures afin de ne pas affaiblir les sols. En effet, les végétaux d’une même famille vont puiser les mêmes éléments. En alternant les familles, vous allez permettre à votre sol de se régénérer. De plus, avec l’alternance, vous allez diminuer le risque de maladies et de parasites. Il faut donc être attentif aux cultures précédentes, mais aussi aux cultures à venir, le mieux étant de faire une rotation sur trois ans.

Certaines familles rares au potager vont vous aider dans cette rotation. Ainsi, utilisez les Poacés (graminées) tel le Seigle (Secale montanum), les Polygonacées, tel leSarrasin (Fagopyrum esculentum), ou les Hydrophyllacées, telle la Phacélie (Phacelia tanacetifolia).

Couverture d’hiver  et protection du sol

Certains engrais verts résistant au froid vont permettre une couverture d’hiver. Ainsi protégé, votre sol subira moins brutalement les intempéries. C’est le cas du Trèfle incarnat (Trifolium incarnatum), du Seigle (Secale montanum), ou de la Vesce velue (Vicia villosa).

Aussi, une bonne couverture évitera la pousse d’autres végétaux non désirés, et limitera donc l’entretien. La Luzerne commune (Medicago sativa), ou le Mélilot (Melilotus), vous fournira une masse importante de matière organique jouant ce rôle.

Plantes dépolluantes et désinfectantes

Certains engrais verts vont aider à dépolluer les sols en absorbant les engrais et en limitant le lessivage ; d’autres vont participer à l’élimination de certains parasites, vers, nématodes.

C’est le cas de la Moutarde brune (Brassica juncea) qui absorbe les métaux lourds, ou du Fenugrec (Trigonella foenum graecum) qui a une action nématicide et fongicide.

Plantes mellifères et auxiliaires

Au jardin, il faut également penser aux pollinisateurs ! Certains engrais verts vont favoriser la protection de la faune utile et la nourrir.

C’est le cas de la Bourrache (Borago officinalis), du Lotier corniculé (Lotus corniculatus), de la Moutarde blanche (Sinapsis alba), du Mélilot (Melilotus), de la Phacélie (Phacelia tanacetifolia), etc.

Plantes fourragères

D’autres engrais verts vont fournir une masse végétale très importante, permettant la production de fourrage pour l’alimentation animale.

Par exemple, le Fenugrec (Trigonella foenum graecum) donne du foin apprécié des bovins et équidés, le Lotier corniculé (Lotus corniculatus) en donne un pour les animaux d’élevage, tout comme la Luzerne (Medicago sativa et Medicago lupulina), etc.

 

    

Il s’agit de le choisir en fonction des besoins du sol, ainsi qu’en faisant attention à la rotation des cultures (alterner les familles des plantes cultivées).

L’association de plusieurs engrais verts peut être bénéfique. Par exemple, le Seigle et la Vesce vont s’entraider, la Vesce grimpant sur le Seigle, et former un bon couvre sol. De même, la Luzerne lupuline et le Trèfle blanc vont former une très bonne couverture végétale protégeant le sol des intempéries, avec en plus un apport d’azote.

Si vous hésitez, nous avons concocté pour vous des mélanges polyvalents :

  • Biomasse printemps : Phacélie, Avoine de printemps, Moutarde brune, Trèfle d'Alexandrie, Vesce commune de printemps ;
  • Structurant printemps : Phacélie, Radis fourrager, Ray grass italien, Lin oléagineux, Minette, Moutarde blanche, Trèfle d'Alexandrie ;
  • Biomasse automne : Avoine d'hiver, Colza fourrager, Seigle, Trèfle incarnat, Vesce velue.

Ainsi associées, il y a beaucoup plus de chance qu’une variété puisse bien s’exprimer, et remplir sa fonction.

A retenir : Fabacées et Poacées font une excellente association en se stimulant et en formant un très bon couvre sol.

  

  

Pour éviter la propagation des engrais verts au-delà d'une période déterminée, il faut éviter la montée à graines. Fauchez donc avant l’épiaison.

Ils peuvent être laissés en surface, comme paillage et engrais, l’activité biologique du sol se chargeant de leur destruction, ou être enfouis pour relancer une activité potagère ou autre.

Avant d’être enfouis, il est préférable de les broyer, de préférence avant l’épiaison : c’est à ce moment que la plante contient le plus d’éléments fertilisants. En amont, laissez les engrais verts ainsi broyés sur le sol quelques jours afin de faire évaporer l’eau. Une fois séchés, les incorporer au sol, en restant en surface (travail sur 10 cm). Vous pouvez également au même moment, faire un apport de compost mûr.

Après l’enfouissement, il est préférable d’attendre minimum quatre semaines avant de nouveaux semis.